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Les plateformes de prêt dans le marché du crédit en France

Une étude publiée la semaine dernière par l’ACPR Banque de France analyse l’impact des plateformes de prêt dans le marché du crédit en France.

Sont-elles substituables aux banques, ou bien complémentaires ? Permettent-elles le développement réel de projets chez les PME ? Revenons ensemble sur l’étude menée par Paul Beaumont, Huan Tang et Eric Vansteenberghe, chercheurs à l’ACPR.

Le cadre de l’étude

Cette étude repose sur des données fournies par les plateformes à la Banque de France, en échange du partage de sa notation. Elle couvre les prêts émis après 2016 et jusqu’en avril 2020, soit :

  • 2 109 projets financés
  • 319 millions d’euros prêtés

Cette étude a permis de mettre en lumière trois grands aspects du financement via les plateformes de prêt.

Quelles différences entre les entreprises qui empruntent aux banques et celles qui empruntent via les plateformes ?

Cette étude dénonce l’a priori selon lequel les entreprises qui empruntent sur les plateformes de prêt sont plus jeunes que celles qui empruntent aux banques. En comparant les profils de ces deux types d’emprunteurs, les chercheurs constatent au contraire qu’ils sont généralement de tailles et d’âges similaires. Les entreprises qui empruntent auprès des plateformes ont certes moins de trésorerie et de patrimoine immobilier. Toutefois, on notera qu’elles innovent et investissent plus.

En quelques chiffres, les entreprises qui empruntent sur les plateformes de prêt :

  • Empruntent en moyenne 151 000 euros
  • Financent à 40% des investissements et à 23% leur développement commercial.

L’offre des plateformes est-elle complémentaire à l’offre de prêt bancaire ?

L’étude relève que les entreprises qui commencent à emprunter sur des plateformes de prêt s’ouvrent ensuite beaucoup plus aux emprunts bancaires, qu’elles souscrivent en général sur du long terme et non sur plusieurs lignes de crédit. Les banques, constatant la réussite d’un premier emprunt souscrit auprès d’une plateforme, sont alors plus disposées à octroyer un prêt.

Pour quelles raisons ?

Une des raisons pourrait être que les banques intègrent dans leur décision le fait que de nombreux investisseurs se soient collectivement unis pour financer ce premier prêt. Ce serait pour elles un premier gage de qualité.

Par ailleurs, les plateformes de prêt demandent généralement moins de garanties que les banques à l’emprunteur pour financer leur croissance. En empruntant d’abord auprès d’une plateforme, les entreprises pourraient ainsi augmenter leurs actifs. Ces derniers pourraient alors servir de garantie pour la demande de prêt bancaire.

Pour toutes ces raisons, on peut donc parler de complémentarité entre l’offre de prêt bancaire et l’offre des plateformes de prêt.

Que deviennent les entreprises qui empruntent sur les plateformes ?

Cette étude montre que la probabilité de défaut est plus élevée chez les entreprises qui empruntent sur les plateformes. Toutefois, celles qui résistent connaissent une réelle croissance en terme d’actifs et de ventes (+7%), d’effectif (+3%) et de salaire moyen (+6%).

Les projets soumis aux plateformes sont donc généralement plus risqués à financer. Néanmoins, ils s’avèrent être plus innovants et contribuent en grande partie à la croissance de l’entreprise; pour compenser les investisseurs de ce risque accru, les taux d’intérêts pratiqués sont plus élevés que ceux proposés par les banques.

 

Source : Travaux de chercheurs membres ou invités à l’ACPR réalisés dans le cadre d’une série de séminaires académiques organisés par la Direction d’Études et d’Analyse des Risques de l’ACPR.