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Olivier Goy, fondateur de Lendix, répond aux questions d’Emmanuelle Duten pour VivaTech 2016

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Le 30 juin dernier, Emmanuelle Duten, rédactrice en chef de Capital Finance et Olivier Goy, fondateur et président de Lendix, étaient présents à VivaTechnology 2016 pour un fireside chat sur le thème « Crowdlending : is the sky the limit? ». Retrouvez dès maintenant le verbatim de cet interview 100% fintech et crowdlending.

Emmanuelle Duten : Quel est l’impact de l’affaire Lending Club sur l’activité de Lendix ?

Olivier Goy : Tout d’abord l’affaire Lending Club a eu l’effet d’une bombe dans le secteur. Cet atelier porte bien son nom (ndlr : is the sky the limit ?), c’est un peu le ciel qui nous est tombé sur la tête !

Cela a généré un émoi à travers toute l’industrie pour 2 raisons principales :

  • Lending Club était le meilleur élève de la classe « fintech » et la plus grosse introduction en bourse d’une société technologique californienne en 2014.
  • Lending Club a été créé par un français et on s’est naturellement tous sentis concernés. Le fondateur a certes déménagé aux Etats-Unis, mais c’est quand même un français et on reste français pour toujours !

 

En prenant un peu de recul, nous comprenons désormais mieux ce qu’il s’est passé et pouvons en tirer quelques leçons :

  • Notre business est basé à 100% sur la confiance. Dans ce contexte, on ne peut se permettre le moindre écart en matière de transparence ou de respect de la réglementation.
  • Les pessimistes et les conservateurs « anti-fintech » ont été trop heureux de penser que les problèmes de Lending Club étaient finalement la preuve que la fintech n’était qu’un mirage. Mais je pense que le secteur bancaire tel que nous le connaissons est en pleine évolution et ce mouvement est irréversible. Je pense, par exemple, que demain, on ne se rendra plus en agence afin d’emprunter de l’argent et qu’attendre 2 à 3 mois avant de l’obtenir fera vite partie du passé.
  • La régulation est la clé pour aider à créer de la confiance. On a tous besoin d’un tiers qui vérifie si ce qu’on fait correspond à ce que l’on dit. Et seul le régulateur peut être ce tiers de confiance.

 

E.D : Qu’est-ce qui a soutenu le développement du crowdlending jusqu’à maintenant (la crise financière, la désintermédiation, etc.) ? Quels pourraient être les nouveaux moteurs du marché ? 

O.G : Nous vivons dans un monde où l’évolution est rapide, notre vie est quotidiennement rendue plus simple par la technologie. Vous pouvez appeler n’importe où dans le monde simplement, commander presque tout en ligne, tout peut-être livré où vous le souhaitez et tous les jours plus rapidement. Notre vie quotidienne tourne de plus en plus autour de nos téléphones portables.

Donc pourquoi le secteur bancaire ne devrait pas faire partie de cette révolution ? Quand vous y pensez, l’industrie financière est un secteur très facile à « disrupter » :

  • C’est une activité totalement immatérielle : la finance est totalement dématérialisée, c’est une suite de 1 et 0.
  • C’est un secteur très profitable : les marges élevées laissent de la place aux nouveaux entrants.
  • Les banques ont un taux de satisfaction (NPS – Net Promoter Score) très faible : les utilisateurs ne sont pas satisfaits par leur expérience bancaire.

 

Autant de raisons qui permettent aux nouveaux joueurs de la fintech d’entrer sur le terrain.

 

E.D : Comment les plateformes de crowdlending continuent-elles à augmenter leurs parts de marché ? Nouveaux produits ? Nouveaux clients ? Nouveaux marchés ?

O.G : Je pense que vous sous-entendez que nous avons une très petite part de marché. Effectivement c’est le cas ! Nous représentons une fraction encore négligeable d’un marché énorme mais les perspectives sont prometteuses.

Rappelez-vous juste quand le téléphone mobile fut inventé. Nous ne sommes pas passés d’un téléphone fixe traditionnel à WeChat ou Facetime en quelques jours. Nous avons besoin de quelques années pour diffuser la bonne parole et évangéliser le marché.

La plupart de nos clients ne savaient même pas que l’on existait et beaucoup ont encore le syndrome de Stockholm vis-à-vis de leur banque habituelle. À nous de leur faire comprendre qu’ils ont tout à gagner à faire des infidélités à leurs banquiers et que nous sommes un complément logique au financement bancaire.

 

E.D : Y a-t-il trop d’acteurs sur le marché ? Vous attendez-vous à une progression du mouvement de consolidation (dans la continuité de Lendix & Finsquare) ? Pourquoi est-il si important d’atteindre une taille critique ? Qui seront les gagnants et les perdants de cette tendance de fusions et acquisitions ?

O.G : Trop d’acteurs c’est sûr. Et ce n’est pas nouveau, à chaque fois qu’un monopole s’ouvre, beaucoup de joueurs sont sur la ligne de départ. Nous étions 60 plateformes au départ, seulement une douzaine ont été capables d’accorder un prêt durant le dernier semestre. Nous sommes #1 avec 50% de parts de marché et avons acheté le 4ème acteur. Les choses se concentrent plus rapidement que prévu.

Il n’y aura pas de place pour tout le monde, nous le savons, et seules les plus grandes plateformes vont subsister. Mais cette concurrence est nécessaire pour évangéliser le marché.

 

E.D : Que doit-on faire pour réussir sa campagne de crowdlending ? Quels types de projets marchent généralement (le type de secteur, le type de prêt,…) ? Comment choisir la bonne plateforme ? Comment est-il possible de garantir le succès de votre financement ?

O.G : Avec Lendix la réponse est simple. Quand votre projet est mis en ligne sur la plateforme, vous êtes sûr à 100% de recevoir votre argent.

Parce que nous avons une communauté de prêteurs unique composée à la fois d’investisseurs particuliers et institutionnels. Grâce à cette combinaison, vous êtes certain d’obtenir l’intégralité de votre financement.

 

E.D : Quelles sont les menaces ? La réglementation : peut-elle limiter une plateforme de prêt (en limitant leurs objectifs, leur activité) ? Que se passera t-il en cas d’augmentation des taux d’intérêt ?

O.G : Vous voulez vraiment savoir ce qui m’empêche de dormir la nuit ?

En tout cas ce n’est pas la réglementation. La réglementation est notre alliée en tant que seul tiers de confiance qui vérifie ce que nous et les autres plateformes faisons.

Nous avons deux points de vigilance clés :

  • Le premier est que nous devons nous développer vite mais résister à la pression de la facilité. Les taux de défaut sont mon cauchemar. Nous devons les surveiller de près. Et, juste pour être sûr de ne pas oublier ce point : nous, dirigeants de Lendix, investissons notre propre argent dans la plateforme aux côtés des autres prêteurs pour que leurs intérêts soient alignés aux nôtres.
  • Le deuxième concerne la fraude. Beaucoup de banques y font face également. Il est déjà arrivé que des personnes essayent d’emprunter de l’argent avec de fausses entreprises et il y a également eu de vraies entreprises utilisant de fausses données. Nous avons une équipe interne qui surveille cela. C’est un travail à temps plein, ils sont notre meilleur filet de sécurité !