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Les CEO d’October : Thorsten Seeger, CEO October Allemagne

Après les Talents d’October, nous commençons cette semaine une nouvelle série de rencontres prénommée : Les CEO d’October. Nous irons à la rencontre des CEO d’October, dans leur entité locale : en France, en Italie, en Espagne, aux Pays-Bas et en Allemagne. Pour ce premier épisode, Thorsten Seeger, CEO d’October Allemagne, est notre invité.

 

Quel a été votre parcours avant October ?

J’ai étudié le commerce international en Allemagne et j’ai travaillé chez Accenture dans le secteur du conseil. J’ai ensuite fait un MBA à la CEIBS de Shanghai et j’ai travaillé pendant 10 ans dans le secteur bancaire au Royaume-Uni. J’ai travaillé pour de grandes banques, principalement axées PME, à des postes variés : au siège, à la direction régionale, ou encore dans le développement produit. En 2017, j’ai eu l’opportunité de passer de la banque à la fintech. J’ai fait mon propre Brexit et suis retourné en Allemagne où j’ai passé deux ans à développer le marché des prêts aux PME, avant de rejoindre October.

Quels sont les défis et les opportunités sur le marché financier allemand ?

On pourrait dire que l’Allemagne est relativement surbancarisée. Nous avons plus de 1600 banques différentes en Allemagne, principalement réparties entre deux grandes organisations régionales. Mais ces banques ont leur propre conseil d’administration et prennent leurs propres décisions. L’avantage de ces banques c’est leur proximité régionale, elles comprennent mieux les besoins des clients de leur région que les banques d’autres pays.

Pour ces banques, le défi c’est qu’elles ne sont pas digitales. Elles sont si petites que tous leurs efforts de changement sont consacrés à des projets réglementaires tels que BASEL III et MiFID II (Markets in Financial Instruments Directive). Elles ont du mal à suivre tous ces changements réglementaires. Et n’ont, par conséquent, pratiquement plus de ressources à allouer à l’amélioration de l’expérience client. Elles ont un process traditionnel et des procédures papier, leur développement n’a pas suivi l’évolution des besoins de leurs clients.

Ainsi, bien qu’il existe de nombreuses banques différentes, le choix – en particulier pour les PME clientes – reste limité et elles n’ont pas encore accès aux meilleures solutions digitales.

Comment October peut se différencier en Allemagne ?

Le marché allemand est encore très traditionnel. On ne retrouve que 4 à 5 entreprises dans le marché disruptif des plateformes de prêts aux PME. Aucune ne s’est réellement imposée à ce jour. Le chemin vers un environnement digital customer centric est encore long, et nous n’en sommes qu’au début.

Lorsque j’ai rejoint October à la fin de l’année 2019, le marché s’était préparé à ce que les plateformes de prêt prennent plus d’ampleur. Avec les 4-5 entreprises présentes sur ce marché, 400 à 500 millions d’euros ont été financés en 2019. Ce qui reste très minime comparé au volume annuel du marché qui s’élevait à 150 milliards d’euros. J’ai senti que la période fin 2019, début 2020 était charnière pour transformer ce marché. Pour moi, c’était une vraie opportunité de pouvoir passer d’une grosse institution fintech à October. J’étais le premier employé October en Allemagne, j’ai donc posé les premières pierres. Je me suis nourri de mes précédentes expériences pour développer un produit qui est d’après nous, au-dessus de l’offre de marché actuel.

Début 2020, le Covid n’a pas vraiment aidé au lancement de notre nouvelle plateforme de prêt en Allemagne. Mais je suis persuadé qu’à long terme, cette crise sera une réelle opportunité pour nous. Non seulement pour October, mais aussi pour les fintechs en général. À mon avis, la crise est vraiment un accélérateur de la transition digitale et a condensé en 12 mois un changement qui aurait pu prendre 5 à 10 ans.

Quelles tendances en matière de financement observez-vous dans votre pays ?

Pendant de nombreuses années, les entrepreneurs ont réduit le financement des PME au prêt bancaire. Ils se rendaient à leur banque habituelle pour souscrire à un prêt. Et lorsque la banque refusait, l’entreprise pensait ne pas avoir d’autre choix. Aujourd’hui, d’autres solutions de financement commencent à se faire connaître. Il ne s’agit pas seulement des plateformes de prêt, mais aussi d’autres solutions comme l’affacturage, le crédit-bail et les offres sur le marché des capitaux. Le spectre s’ouvre. Les fintechs proposent une plus grande transparence et des coûts beaucoup plus bas. Des produits qui étaient auparavant inaccessibles aux PME, parce que trop chers, sont maintenant à leur portée.

En quoi ces tendances diffèrent-elles de celles des autres pays où October est présent ?

Lorsque l’on regarde les tendances d’un point de vue produit, chaque pays a ses propres défis et le paysage bancaire est différent, en particulier lorsqu’il s’agit de prêt. Le prêt est la seule classe d’actifs qui n’a pas de réglementation paneuropéenne. Cela laisse une marge de manœuvre considérable aux régulateurs pour réfléchir au sujet.

Les Allemands sont très sensibles aux prix. Ils s’arrêtent généralement sur les coûts les plus visibles, à savoir le taux d’intérêt. Par conséquent, les prêts bancaires en Allemagne sont très peu coûteux car les taux d’intérêt sont très bas, les marges des banques sont donc très faibles. En réalité, les entreprises devraient prendre en compte l’ensemble des coûts, y compris le coût temps et celui des démarches liées à l’obtention d’un prêt auprès d’une banque. Ils devraient commencer à évaluer le gain de temps possible si leur financement passait par un process rapide, simple et transparent, s’ils se concentraient finalement sur leur business. October arrive à point nommé pour répondre à ce besoin.

Les entreprises à travers l’Europe cherchent un process de prêt rapide, simple et transparent. Je pense qu’en tant que plateforme paneuropéenne, October propose une offre unique en son genre. Le besoin du client européen est donc le même. La façon dont nous y répondrons dans le détail variera un peu, en raison des différents paysages financiers.

Quels sont les objectifs d’October Allemagne en 2021 ?

Chez October Allemagne, nous avons trois objectifs principaux pour 2021 :

Le premier est de continuer à développer la notoriété d’October sur le marché allemand. L’Allemagne est le dernier pays à avoir rejoint la famille October. Il nous reste donc beaucoup de choses à mettre en place pour faire connaître October et nos valeurs.

Le deuxième élément consiste à développer notre technologie et les datas auxquelles nous avons accès. C’est ce qui constitue la base sur laquelle repose notre modèle d’entreprise.

Le troisième objectif est de développer un process instantanée pour les demandes de prêts à petit montant, jusqu’à 250 000 euros, pour pouvoir proposer une offre en 24h. Après un an sur le marché allemand, nous avons remarqué qu’il y a deux grands besoins des clients. Le premier est de fournir une solution rapide, simple et transparente. Cependant, la définition de la rapidité change en fonction de la situation dans laquelle se trouve l’entrepreneur. Nous faisons une distinction entre le time to yes et le time to cash. Le time to yes représente le temps nécessaire pour obtenir une réponse à une demande de prêt. Le time to cash désigne la durée d’attente entre la demande de prêt et le virement des fonds sur le compte de l’entreprise. Nous avons constaté que les entreprises attachent plus d’importance au time to yes. Leur demande est sans doute motivée par une opportunité ponctuelle ou par un projet nécessitant une très grande réactivité au niveau des fonds. Parfois un délai d’une semaine peut sembler déjà très long. Nous avons donc créé un produit qui permet une réponse « oui » ou « non » en seulement 24 heures.

Selon vous, qu’est-ce qui rend October si unique ?

Ce qui me vient en premier à l’esprit, c’est qu’October est l’entreprise la plus collaborative dans laquelle j’ai eu la chance de travailler. Chaque jour, je m’étonne de voir à quel point tout le monde est prêt à s’entraider et à aider les clients. Je n’ai jamais entendu personne répondre « non » à une demande d’aide. C’est vraiment unique. Les gens pensent en permanence à l’expérience client. Pour moi c’est très important. Sur la centaine de personnes travaillant chez October, tout le monde s’intéresse à l’expérience client.

Qu’est-ce qui fait d’October une véritable entreprise technologique ?

C’est difficile de définir une entreprise tech de nos jours. Chez October, nous nous appuyons sans cesse sur la tech pour simplifier la vie de nos clients. Par exemple, en réduisant notre time to yes. Nous avons ainsi introduit l’Instant process en Italie et en France. Je ne pense pas qu’être une entreprise tech est suffisant aujourd’hui. Pour survivre aujourd’hui dans une économie où le numérique est omniprésent, il faut commencer à réfléchir à comment utiliser les datas et la technologie pour améliorer constamment son offre. La technologie est au cœur de l’activité d’October, mais notre vraie force se trouvent dans nos collaborateurs qui l’emploie et en extrait son vrai potentiel.

Quelle valeur d’October vous représente le plus ?

C’est très dur d’en choisir un seul, car les valeurs d’October sont toutes très importantes pour nous. Ce sont des principes directeurs et nous les appliquons. Mais si je devais en choisir une, je choisirais la valeur : Toujours s’améliorer. C’est ce qui se rapproche le plus de mon caractère personnel. Je ne suis jamais satisfait de ma situation actuelle, je veux toujours atteindre le niveau suivant, en faire plus et courir plus vite, plus loin.